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Si 10 secondes c'est long, imaginez toute une vie !C'est en regardant les images de cette nouvelle campagne publicitaire du cégep de Limoilou que j'ai fait un voyage dans le temps.

 

Lorsque j'étais encore au secondaire, les orienteurs me dirigeaient résolument vers les relations publiques. J'avais beau refaire les tests avec le fameux système SAGIX, toujours je finissais par recevoir les mêmes résultats : relations publiques, marketing, publicité... et éboueur !!!

Il y avait peut-être un bug dans le système à l'époque pour la dernière suggestion mais évidemment je n'en ai pas vraiment tenu compte.

Toujours est-il que, ne sachant lire l'avenir ni quoi faire de mes dix doigts, je suis allée étudier en relations publiques à l'Université Laval à Québec.

J'ai bien tenté de persévérer dans cette branche pendant plusieurs années mais au début des années 90, en pleine récession, le travail se faisait rare et les premiers postes qu'on coupent dans une entreprise sont ceux qui coûtent de l'argent... ma branche évidemment.

J'ai patienté 6 ans pour avoir le droit de profiter un programme subventionné de retour aux études. Le plus difficile n'était pas d'attendre tout ce temps, non, c'était plutôt de trouver le courage de refaire mes classes, de tenter ma chance dans un domaine totalement nouveau pour moi et, selon les orienteurs de l'époque, radicalement différent de mes intérêts initiaux : l'informatique. Ici, je n'avais plus le droit à l'erreur. Ou bien je réussisais, ou bien j'allais fabriquer des bouchons de bouteille le reste de mes jours.

C'était décidé, l'informatique me tirerait du marasme dans lequel je vivotais depuis trop longtemps. Pour ne pas être complètement dépaysée, je m'orienterais dans le Web, discipline toute nouvelle à l'époque. Encore là, je prenais un risque mais j'avais confiance.

Une fois dans le bain, l'aventure ne me paraissait plus si difficile. Mes collègues de classe avaient un parcours semblable au mien : atypique et un peu desespéré. Il fallait réussir. Pourtant, certains d'entre-eux n'y ont pas cru suffisamment et à un mois du diplôme, ils ont cessé de se présenter aux cours. Il faut pourtant y croire parce qu'au delà de cet effort, il y a de la lumière au bout du tunnel.

Pour tout ceux qui doute, voyez l'une ou l'autre de ces publicité du cégep de Limoilou et réfléchissez au slogan : c'est long 10 secondes, imaginez toute une vie.

Tous, nous connaissons une personne qui a perdu le feu sacré à son travail ou quelqu'un qui se rend au boulot sur le pilote automatique. Souvent, on se contente de faire ce qu'on nous dit sans faire le « petit pas de plus » qui témoigne qu'on aime encore ce qu'on fait. On attend que le temps passe, que la retraite approche, que la vie nous libère de cette contrainte pour aller jouer au golf à temps plein.

Il y a cette secrétaire scolaire qui ne sourit jamais ni aux enfants, ni aux parents. Il y a ce fonctionnaire qui fait des mots croisés toute la journée ou son collègue qui devient courtier immobilier dès qu'il s'enferme dans son bureau au ministère. Il y a ceux qui ne retournent pas leurs appels en se disant que personne ne va s'en appercevoir. J'ai connu tous ces gens. Ils existent. Je ne crois pas qu'ils retirent de la fierté à faire leur travail ou qu'ils ont le sentiment du devoir accompli en rentrant chez-eux.

Ça prend du courage pour retourner aux études mais, réfléchissez : si 10 secondes c'est long... imaginez toute une vie !

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