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Hélène LarocquePour ceux qui se demandaient à quoi je ressemblais, voici (enfin) une photo de moi pour mon profil. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Quelques explications s'imposent.

 

Je suis sur Linkedin depuis belle lurette. J'ai même réussi à avoir un "bel" URL pour mon profil ca.linkedin.com/in/helenelarocque. Cette chance est habituellement réservée aux premiers arrivés. C'était la même chose pour mon compte Hotmail et mon compte Gmail. Avant que Skype soit racheté par Microsoft, j'avais également le même privilège avec eux. Bref, je suis là depuis longtemps.

Tellement longtemps qu'en fait, à l'époque, les avatars n'étaient pas des photos mais des images. Ça laissait un petit aura de mystère dans ce monde virtuel et nous abordions la chose avec prudence. En ces temps reculés, nous avions encore la pudeur de faire attention à ce que l'on disait ou montrait. Avec le temps, nous nous sommes de plus en plus cachés derrière cet anonymat si pratique. Il nous permettait d'être plus audacieux sans crainte d'être pointé du doigt dans la rue.

Mais, cette pudeur s'est estompé tranquillement. Aujourd'hui, on s'affiche sans crainte (même si parfois on ferait mieux d'y penser à deux fois) et le retour à la personnalisation d'un profil a refait surface. On s'assume. On s'affiche. On s'étend. Un compte Linkedin, un compte Facebook, un compte Google+, un compte Skype. Nous sommes partout et nous sentons le besoin d'attirer l'attention de nouveaux "amis" en partageant avec eux ce que l'on a de plus privé : notre visage. Fini l'anonymat. Si nous avons choisi de courir de plus en plus dans cette direction, c'est que nous ne sommes pas des vedettes, car ces personnes savent à quel point l'anonymat est précieux.

On peut dire qu'en 2014, le monde entier peut avoir accès à plus d'informations à notre sujet que nos parents en avaient à une autre époque. On ne se présente plus sur le Web, on s'exhibe et fièrement avec ça. C'est le retour du balancier avec parfois plus ou moins de bonheur. Encore une fois, on se réveille un peu tard pour réaliser qu'un peu de réserve ne ferait pas de tort ne serait-ce que pour ne pas avoir de problème à trouver un nouvel emploi (les réseaux sociaux sont les premières sources d'information des employeurs à la recherche de candidats) ou simplement l'amour.

Prenons le cas insensé de ce jeune candidat aux dernières élections qui avait publié une photo de lui assis sur un bol de toilette sur son profil Facebook. Il y a certainement des moments comme ceux-là dans la vie où on Regrette (avec un grand "R") d'avoir été aussi familié avec la Terre entière. Parions qu'un tel manque de jugement ne se serait pas produit à l'époque où ICQ faisait un tabac.

Bref, arrivant d'une autre époque, c'est un avatar "image" (et non photo) qui me représentait. Mais pourquoi une abeille me direz-vous ? Aux yeux de mes enfants, j'ai toujours été une abeille. Travaillante, efficace, disciplinée, bref, quoi de mieux qu'une abeille pour représenter leur mère. Peut-être qu'un reportage sur les abeilles à l'émission Découverte a aussi un peu aidé. Qui sait !

Je l'aimais bien cette abeille mais il y a longtemps que je savais qu'il me faudrait un jour y renoncer. Le courage m'est venu cet été et une bonne photographe a fait le reste. Un gros merci à cette jeune personne qui a su rendre de moi une image simple, sympathique et, diantre, pas trop "nunuche". Être blonde n'est pas toujours une bénédiction !