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L’autre jour, j’étais en train de faire la vaisselle lorsque soudain, les enfants qui étaient sur la terrasse avec leur père ont commencé à pousser des cris d’excitation.  Quelques secondes plus tard, ils m’arrivent en courant dans la cuisine et me disant : « Il faut que tu viennes voir ça! » Surprise, je décide de laisser là mon travail et de les suivre.

Une fois dehors, je tente d’en savoir plus mais ils sont tellement excités que j’ai un peu de mal à les comprendre. En sautillant vers le bord de la terrasse, Philippe me dit : « Regarde, mariposa! »  Ça y est, j’ai compris. Il mélange l’espagnol au français. C’est pour ça que je ne le comprenais pas sur le coup.

Je regarde donc en direction de son petit doigt qui pointe vaguement vers la montagne.  Un papillon (mariposa), ça n’est pas bien gros et je me demande comment je vais pouvoir le distinguer du reste.

Tout à coup, Isabelle s’exclame : « Là, là! Il y en a deux! »  Je regarde dans la direction en question mais, je ne vois toujours rien. Bon, me suis-je dite, ça sera pour une autre fois. C’est juste un papillon après tout.

Je me dirige donc vers la porte pour retourner finir la vaisselle mais soudain, je me décide à faire un détour vers la grande terrasse… juste au cas où.  Je lève les yeux au ciel. Le bleu est magnifique, uni, sans nuage. Il fait pratiquement toujours beau au Mexique. Et puis, je distingue dans cette mer bleutée un truc qui flotte et qui s’approche. Les ailes étendues, il glisse dans le ciel comme s’il prenait un bain de soleil.

Papillon Monarque

Papillon Monarque

Je distingue très bien le pourtour noir de ses ailes ainsi que le délicat dessin de celles-ci qui semble avoir été tracé par le même crayon noir. On devine l’art de la nature derrière cet insecte. Et puis, malgré le soleil qui m’éblouit de travers, je remarque également l’orangé caractéristique de ses ailes. C’est un Monarque.

Pendant que j’ai les yeux rivés au ciel, je réalise qu’il n’est pas seul. En fait, il y en a beaucoup. Ils arrivent battant des ailes ou planant dans un courant d’air. On dirait qu’ils proviennent tous du même endroit, derrière la vieille mine de Valenciana. Serait-ce le début de la célèbre migration? Connaissez-vous la fabuleuse histoire de ce grand voyageur?

À tous les ans, du mois d’août au mois d’octobre, les Monarques quittent le nord pour migrer vers des cieux plus cléments. Pendant leur périple de plus de 4000 kilomètres, les mêmes individus vont défier Dame Nature pour atteindre le Mexique et plus précisément l’état du Michoacán où se trouve la réserve de la biosphère du papillon Monarque.

Là, ils vivront à l’état d’inactivité dans des forêts de sapins sacrés (ou oyamel) en colonies si grandes qu’il arrive qu’on ne puisse même plus distinguer la moindre parcelle d’écorce.

Migration des Monarques - Source Wikipédia

Migration des Monarques - Source Wikipédia

Tout ce cycle est nécessaire afin que les Monarques prennent des forces en vue de se reproduire en mars juste avant de reprendre leur envol vers le Nord. Le trajet de retour s’étendra sur plusieurs générations et malgré le fait que ce ne sont pas les mêmes individus qui commencent et terminent le voyage, tous gardent leur cap sans faillir. Ce mystère serait lié au fonctionnement d’horloges circadiennes localisées dans leurs antennes. Fascinant non?!!!

Nous essaierons d’aller les voir en janvier prochain.