Pas de nouvelle. Bonne nouvelle?

C’est faux!  Lors de l’averse historique qui est passée par Montréal, notre modeste demeure a pris l’eau.

Il convient ici de préciser que depuis que nous y habitons, jamais nous n’avons eu de problème d’infiltration d’eau pas plus que de reflux d’égout.  Même si nos voisins n’ont pas toujours eu cette chance, nous avons systématiquement été épargnés. Disons que, dans un quartier où les maisons sont relativement vieilles, il arrive que les fondations présentent des fissures avec le temps ou que les drains de fondation (anciennement en terre cuite semble-t-il) se soient écrasés.

Toutefois, lorsque nous avons emménagé, nous avions alors fait réparer l’unique fissure existante. Quant aux drains, ils sont flambant neufs dans la nouvelle partie mais probablement hors service pour le reste de la fondation.  Finalement, toute la plomberie incluant le drain d’évacuation du sous-sol a été refaite et la valve anti-refoulement pour les eaux usées également.

Aussi, lorsque nous avons loué la maison pour venir ici, nous avions la conscience très tranquille.  Pourtant l’été dernier, Montréal a connu un gros épisode de pluie. C’était avant que les locataires arrivent et après notre départ. Lorsqu’ils ont pris possession des lieux et découvert qu’il y avait eu de l’eau dans le sous-sol, nous avions bien du mal à y croire au départ mais il a fallu se rendre à l’évidence… et faire nettoyer.  Comme le sous-sol n’est pas « fini » (il est encore sur le béton), les dégâts étaient mineurs et donc, le recours aux assurances n’était pas nécessaire.

Puis, cette semaine, Montréal a connu un deuxième déluge. Un épisode de pluie comme on n’en voit qu’à tous les cent ans paraît-il. Je suivais le tout sur mon écran d’ordinateur loin physiquement des lieux mais psychologiquement très près de mes locataires.

Il semble que le coin le plus touché dans la région fut justement Verdun et LaSalle. Je me suis tout de suite demandée comment on s’en sortirait cette fois.  La réponse n’a pas tardé à venir par les locataires. Environ 15 cm d’eau au sous-sol selon eux.

En une demi-heure, 50mm de pluie s’était abattue sur eux.  Les bouches d’égout, même scellées et soudées, explosaient sous la pression.  L’eau s’invitait à bord des autobus à plancher bas de la ville lorsque ceux-ci passaient dans une rue inondée. La station de métro Place d’Arme était inondée de même que l’ensemble des centres d’achats souterrains de la ville.  Le plafond des archives de Radio-Canada s’est effondré. Plusieurs pavillons de l’UQAM ont dû être fermés parce que les chambres électriques étaient remplies d’eau. L’École de Technologie Supérieure (ÉTS) a complètement fermé ses portes. Certains logements pourtant situés au deuxième étage furent également inondés.  Le tunnel Ville-Marie peine encore à se remettre de ses émotions, son système de pompe pour évacuer les eaux ayant été mis hors fonction parce qu’inondé également.

Bref, un beau bordel. Le 1446 Clémenceau n’a pas trop à se plaindre finalement.

Et il fallait que ça se produise deux fois alors que nous n’habitions même pas sur place…

L’évaluation des dégâts est assez difficile dans les circonstances. Nous avons bien un locataire mais celui-ci est un peu sous le coup de la panique, car pour lui qui habite habituellement le Colorado, un tel déluge est sans doute impensable.  Vu la quantité d’eau, nous avons alors communiqué avec les assurances pour voir ce qu’on peut / doit faire. Nous n’avons jamais rien réclamé dans le passé alors le processus nous est inconnu.

Vous devinerez que nous n’étions pas les seuls et que, par conséquent, les centres d’appels des compagnies d’assurances et des agences de nettoyage sont débordés. Pourtant, nous avons finalement réussi à enclencher le processus. Je dis « nous » mais dans les faits, c’est Carlos qui a pris ça en main, car pour éviter les dispersements, il était préférable d’avoir un seul point de contact. Je rends donc ici hommage à sa patience car, il a passé un nombre d’heures incalculable sur Skype et surtout en attente.  Il a fait face à des gens débordés, à des erreurs administratives, à des changements d’horaires (c’est même une compagnie de nettoyage de Gatineau qui est finalement venue chez nous en renfort de leurs collègues de Montréal), etc.

Ce matin, Raphaël (frère de Carlos) est allé pour faire un inventaire de ce qu’il fallait jeter et ce qu’on pouvait garder. Surtout, il fallait dégager le sous-sol au maximum pour permettre le meilleur nettoyage possible.  C’est donc impuissant et très loin que nous avons assisté en direct via Skype à l’ouverture des boîtes et des sacs qui avaient souffert du sinistre. Assez rapidement, les décisions de garder et de jeter se prenaient si bien que deux heures ont suffi à faire l’inventaire. La veille, un homme à tout faire était venu faire un premier tour de roue pour nettoyer les planchers et les murs. Ce matin, la compagnie de nettoyage n’avait qu’à finaliser le tout et mettre des produits spéciaux pour éviter les odeurs et je ne sais quoi d’autre. Éventuellement un inspecteur nous indiquera le montant des pertes.

Nous réalisons que si ça s’est produit deux fois en une année, qu’il y a peut-être lieu de surveiller ça davantage à l’avenir. Est-ce encore le fait des changements climatiques? Possible. Quoi qu’il en soit, nous sommes contents de ne jamais avoir terminé le sous-sol. Heureusement, il ne s’agit pas de refoulement d’égout mais bien de l’ancienne trappe qui relie aux vieux drains de fondations qui est la coupable. Le nouveau drain a très bien tenu le coup de même que le « back water valve » central.

Je ne peux m’empêcher d’être désolée pour nos locataires, car nous étions loin d’imaginer qu’ils puissent être victime deux fois. C’est un coup du sort. Une malchance inévitable.

Je remercie Raphaël assisté d’Alexandre (son fils) qui est venu ce matin pour l’inventaire. Nous n’aurions jamais pensé qu’il devrait nous représenter à deux reprises auprès des locataires.