El Orito est un parc écologique situé tout près de chez Mme Tremblay. On y accède en peu de temps via les nombreux sentiers dans la montagne. Orito vient du mot « oro », or. L’endroit mérite bien son nom et pourtant…

Je marche dans le lit d’une rivière desséchée avec mes deux petites amies (Luna et Arena). Lorsqu’il y avait de l’eau, ce petit cours d’eau devait faire environ 10 pieds de large par endroit. Quant à son débit, il étant sans doute modeste mais assez régulier, car les pierres qui en tapissent le fond sont lisses et on voit nettement les traces d’usure dans tout ce qui les entoure.

Tout en marchant, j’arrive à un mur d’environ 8 pieds de haut en vieilles pierres rosées comme on en voit beaucoup par ici. Le mortier n’est pas récent et, bien que je ne sois pas experte, je suppose que l’ouvrage a été fait vers la même époque que les ruines de la mine adjacente. Je décide de contourner l’obstacle pour satisfaire ma curiosité. Jusqu’où pourrai-je aller ainsi. Reste-t-il un filet d’eau un peu plus haut mais trop faible pour se rendre jusqu’ici?

Les chiots de rechigent pas. Elles me suivent toutes les deux sans discuter. Avec leurs petites pattes, elles grimpent avec agilité sur les grosses pierres grises. Elles contournent allègrement la végétation qui s’installe tranquillement. Je ne peux m’empêcher de penser que tous ces petits arbres rabougris et jaunâtre auraient beaucoup moins de mal à pousser si la rivière remplissait son office. Que tout cela est triste!

Alors que je m’arrête un instant, je constate que malgré la tranquillité des lieux, on entend une sorte de bourdonnement au loin. Comme un nid d’abeilles. Mais de bruit d’eau, rien. En fermant les yeux, je peux imaginer pourtant la petite rivière qui danse d’une pierre à l’autre vers son but lointain. Le seul bruit de l’eau qui coule suffirait sans doute à humidifier les lieux. Ici, tout est tellement sec que même l’air ambiant a soif. La moindre molécule d’eau est immédiatement absorbée.

Ma marche m’amène à un premier embranchement sur la droite. Un ruisseau plus petit devait joindre la rivière à un certain moment. Un peu plus haut, c’est à gauche qu’un autre bras se dessine avec une éventuelle cascade au fond. Puis, à droite à nouveau mais cette fois, le ruisseau était plus large. Pas moins de trois petits cours d’eau donc se jetaient dans la rivière pour rejoindre le bas de la montagne. Où sont-ils aujourd’hui?

Les chiots ont la langue pendante. Faudrait pas abuser de leur fidélité quand même alors je décide de rebrousser chemin et de tenter ma chance plus haut. Bientôt je retrouve la route et je longe un mur de pierre de près de deux pieds d’épaisseur. Il n’y a pas à dire, à l’époque, on construisait solide. Pas étonnant que ça soit encore debout malgré le mortier effrité.

Le chemin redescend de l’autre côté d’une butte et je tombe sur une deuxième rivière asséchée. Celle-ci est plus profonde que la première mais les mêmes roches grises en tapissent le fond. On devine facilement que le sol plus meuble à cet endroit a permis à l’eau de creuser son chemin plus facilement. La pente est plus raide ici et comme je m’engage dans le passage pour y retrouver la source, je suis rapidement arrêtée par un autre mur de pierre mais plus imposant cette fois. Je rebrousse donc chemin et retrouve la route.

Toujours en gardant les yeux vers le cours sinueux de l’ancienne rivière, j’arrive à un embranchement avec une autre route qui passe directement par-dessus la rivière. Un haut tunnel de pierre laisse passer l’eau imaginaire de l’autre côté. Il faut que je vois ça de plus près.

L’ouvrage d’environ 30 pieds de long n’est pas récent non plus et sa hauteur qui m’apparaissait un peu extravagante au début s’avère finalement plutôt réaliste. Pendant un certain temps, l’eau a dû atteindre les deux tiers de la hauteur du tunnel. Elle a marqué son passage en laissant un cerne orange-rouille sur les flancs.

Je suis à nouveau le cours d’eau pour me rendre compte qu’il rejoint finalement le premier un peu plus bas. On voit un peu plus loin quelques malheureuses flaques d’eau glauque.

Sans eau, pas de vie. L’eau est un sujet traité avec gravité au Mexique et pour cause. Le manque d’eau chronique est de plus en plus marqué au fil des ans. Est-ce parce que la population augmente? Est-ce plutôt un cause climatique? Est-ce un simple problème de consommation? L’eau revient-elle par moment dans le lit des rivières à sec del Orito?