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À la naissance d’Isabelle, Carlos et moi sommes venus passer plusieurs mois au Mexique au cours de l’automne. Nous étions donc ici durant l’édition 2001 du Festival Cervantino et nous avons eu la chance de voir quelques spectacles. Rien en comparaison avec le sprint de cette année mais tout de même.

Cette année, nous voulons profiter de notre passage au Mexique pour non seulement apprendre la langue (je ne fais pas référence à Carlos qui la parle déjà) mais aussi pour faire découvrir aux enfants leur deuxième pays.  Ils sont nés Canadiens mais Isabelle a également sa nationalité mexicaine et Philippe pourra obtenir la sienne d’ici quelques semaines ou mois.

Pour moi, découvrir un pays, c’est rencontrer des gens, leur parler, voir comment ils vivent, comprendre leur réalité quotidienne. C’est aussi, bien sûr, la culture, la bouffe, le décor.  Avec le festival, c’est un condensé de culture que nous voulions leur offrir et comme le prix des spectacles est raisonnable voire même souvent gratuit, toutes les chances étaient de notre côté. Donc, on s’est lâché « loose » comme on dit au Québec.  Voici la liste des spectacles auxquels nous avons assisté avec eux à deux exceptions près.

Une orteil dans le vide

Un orteil dans le vide

Dimanche 16 octobre – Plaza San Fernando

Une troupe d’acrobates québécoises présentait un spectacle extérieur intitulé « Un orteil dans le vide » tout à fait gratuitement. Philippe devait y assister pour un travail scolaire. C’était drôle et très divertissant et la température, magnifique! Les trois québécoises devaient pleurer le soir en se couchant en pensant qu’elles devraient bientôt retourner dans le froid canadien.

Universidad de Guanajuato

Universidad de Guanajuato

Lundi 17 octobre – Universidad de Guanajuato

Assis dans la longue volée de marches de la Universidad, nous avons assisté à la projection d’un documentaire, Dolphin’s Cove, portant sur le massacre des dauphins au Japon (triste mais nous laissant sur une note d’espoir à la fin). Encore ici, c’était pour un travail scolaire mais pour Isabelle cette fois.

Iglesia de San Cayetano (La Valenciana)

Iglesia de San Cayetano (La Valenciana)

Mercredi 19 octobre – Iglesia de San Cayetano (La Valenciana)

À distance de marche d’où nous habitons se trouve une magnifique église baroque du XVIIIe s avec des autels recouverts de feuilles d’or. La façade est de style churrigueresque et en contrebas, se trouve la mine de Valenciana, très active à la fin du XVIIe siècle.

C’est un certain Antonio de Obregón y Alcocer, riche propriétaire de la mine, qui aurait payé 362 000 pesos pour faire ériger ce temple de San Cayetano (fondateur de l’ordre Teatina, patronne des joueurs et les chômeurs). Aucune dépense n’a été épargnée pour faire de cette église l’une des plus décorées au Mexique. L’homme mourut en 1786 soit deux ans avant la fin de la construction.

Iglesia de San Cayetano (La Valenciana) - vue intérieure

Iglesia de San Cayetano (La Valenciana) - vue intérieure

C’est donc en ce lieu que Carlos et moi avons assisté à un spectacle de La Piéta et je dois dire que ce fut l’un des très beaux spectacles qu’il m’a été donné de voir dans ma vie. Fluidité. C’est le mot qui me vient à l’esprit lorsque je revois cet ensemble de musiciennes chevronnées jouer des pièces classiques, contemporaines et même de la musique de film.

Mme Dubeau a pris la parole à plusieurs reprises pour les enchainements, nous expliquant la raison du choix d’une pièce ou le souvenir qu’elle revêtait pour elle. Chacune de ses interventions était marquées par une sorte d’émotion qui se reflétait ensuite dans les pièces qu’elle jouait. Le son était magnifique, comme c’est souvent le cas dans les églises. Bref, c’est aujourd’hui simplement un souvenir, mais quel souvenir!

Je vous donne la suite dans un autre article, histoire de vous faire languir un peu!