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Depuis 39 ans, Guanajuato est l’hôte du Festival Internacional Cervantino, un événement culturel annuel qui, en 2010, a attiré pas moins de 179 000 personnes et permit de vendre 463 000 billets générant ainsi des revenus de 423 millions de pesos. Les festivités qui durent près de trois semaines offrent au public de cette année des centaines de spectacles gratuits et payants dans lesquels évolueront 2 800 artistes provenant de 29 pays.  Il y en a pour tous les goûts : concert,  danse, théâtre, cirque, film, conférence, atelier etc. Le budget de cette édition est évalué à 122 millions de pesos.

Historiquement parlant, c’est un certain Enrique Rueles qui, dans les années 60, mit en place un évènement annuel appelé  Entremeses de Miguel de Cervantes Saaevedra. L’objectif était alors de découvrir de courtes œuvres du célèbre auteur de Don Quichotte.

En 1972, l’événement fut séparé en deux afin de permettre aux « Entremeses » de se développer d’avantage. Ainsi naquis le Coloquio Cervantino, de juin à septembre alors que les « Entremeses » avaient lieu à l’automne. La même année, le président Luis Echeverria Álvarez permit la fondation d’un festival culturel de calibre international qu’il destina tout d’abord à la ville d’Acapulco sur la côte ouest du Mexique. Ce fut finalement la ville de Guanajuato qui fut choisie pour sa tradition des « Entremeses » ainsi que pour sa valeur historique. La première édition du festival à Guanajuato eu lieu en 1972 et présenta une brochette d’artistes provenant de 14 pays différents.

En 1989, la ville de Guanajuato fait son entrée au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco permettant ainsi la restauration des principaux édifices coloniaux de la cité. Grâce à ces investissements et à sa renommée grandissante, le Festival continuera à se développer jusqu’en l’an 2000 où il commencera une nouvelle coutume : présenter un pays ou un état en tant qu’invité spécial.

Sur une base quotidienne, les habitants de Guanajuato et des environs doivent composer avec une sécurité accrue (militaires, policiers…), des embouteillages et beaucoup de visiteurs qui viennent toutefois gonfler les coffres des commerçants. La manne est appréciée par ailleurs et les retombées économiques sont très intéressantes.

Lorsqu’on circule en ville, il y a du monde partout et presque tout le temps. Le principal sujet de conversation touche la circulation automobile (cauchemardesque) et le stationnement (un défi quotidien). Imaginez cette ville d’environ 70 000 habitant (153 000 lorsqu’on considère les banlieues), construite à l’époque des Espagnols et dont le centre-ville n’a aucun feu de circulation (en raison des règles du Patrimoine de l’Unesco).  Comme les rues sont souvent étroites, la plupart d’entre-elles sont des sens uniques interminables et entortillés comme des spaghettis. Tout un dépaysement pour les touristes!

Comme vous pouvez vous en douter, nous avons ressorti notre chapeau de touriste ces jours-ci afin de profiter de quelques spectacles. Je vous les présenterai dans mon prochain article.