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cheval de troie illustrationUn site web a beau être basé sur des plateformes gratuites, utiliser des composantes gratuites, se parer d'un gabarit gratuit, il n'en reste pas moins que l'ensemble n'est pas gratuit. Désolée de briser l'illusion!

 

Mais prenons l'exemple de la voiture. Si je vous dis que vous donne une voiture neuve. Vous allez sauter sur l'occasion n'est-ce pas?

Si j'ajoute à cela quelques conditions dans le genre : je te donne la voiture, mais comme j'ai dû repeindre la carrosserie, je te demande seulement de payer pour ça. On commence déjà à être un peu plus frileux. Pourtant, je te donne quand même la voiture au bout du compte. Ça n'est pas rien!

Supposons maintenant que je te donne la voiture avec la précédente condition mais qu'alors, tu réalises que tu vas devoir payer pour un espace de stationnement pour aller travailler avec. Oh! Là, on est pas seulement frileux, ça commence même à nous embêter. Pourtant, encore ici, la voiture reste gratuite à la base.

La facture n'est pas complète cependant. Il faut aussi songer à la sécurité et acheter des pneus d'hiver. On lève les yeux au ciel en se demandant si ça va continuer comme ça encore longtemps.

Et puis, c'est le coup de grâce : l'entretien (changement d'huile etc.). Dans le bon vieux temps, on aurait pu le faire soi-même mais aujourd'hui, avec tout cet électronique sous le capot, c'est devenu impensable.

Accepterez-vous quand même la voiture en question?

Au Québec, nous avons une expression pour ce genre de chose : un cadeau de Grec. Cette expression vient du mythe du cheval de Troie et réfère à un cadeau empoisonné ou une malédiction déguisée.

Mais, soyons réaliste, n'est-ce pas nous qui occultons volontairement le côté obscure du don pour se convaincre qu'on fait une bonne affaire? Dans le fond, tout le monde sait qu'il faut mettre de l'essence pour avancer, qu'il faut changer les pneus en hiver, etc.

La gratuité entraine cet effet pervers d'inconfort envers tout ce qui ne l'est pas. On finit par ne plus l'apprécier À SA JUSTE VALEUR et EN CONCORDANCE AVEC SES LIMITES.

Reprenons l'exemple de la voiture gratuite pour l'appliquer à un site web. Je vous offre un site web gratuit. Vous sautez de joie.

Je vous demande seulement de payer pour le design, car je dois payer mon graphiste. La facture reste modeste mais déjà le "cadeau" est moins intéressant.

Je vous demande où vous souhaitez héberger votre site. Vous n'y aviez pas pensé mais, au fond, il faut bien le mettre quelque part.

Je vous parle de sécurité, bah, qui s'intéresserait à votre site. On va prendre une chance malgré tout ce qu'on lit dans les médias.

Je vous offre un forfait pour l'entretien de votre site, alors là, c'est la cerise sur le sunday. Quel entretien? Ça ne roule pas tout seul un site web?

N'oubliez pas que toutes ces composantes gratuites sont produites par des êtres humains qui doivent eux aussi mettre du pain et du beurre sur la table. Ne soyez donc pas surpris si vous rencontrez de temps à autre quelques bogues. La gratuité n'est pas toujours synonyme de qualité. Et, si vous voulez qu'elle marche, pourquoi s'attendre à ce qu'en plus on la répare gratuitement? Déjà, elle n'a rien coûté au départ et c'est là un risque que vous avez voulu courir pour éviter de gonfler la facture. Faudrait-il que le programmeur travaille pour vous gratuitement en plus? Si oui, combien de temps? Jusqu'où peut-il être tenu responsable des aléas technologiques et de l'absence de maintenance? Et si vous étiez ce programmeur... que feriez-vous?

Bref, la gratuité a ses limites... surtout dans les technologies.