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Généraliste ou spécialisteUn être humain devrait savoir changer une couche-culotte, planifier une invasion, égorger un cochon, manœuvrer un navire, concevoir un bâtiment, écrire un sonnet, faire un bilan comptable, monter un mur, réduire une fracture, soutenir un mourant, prendre des ordres, donner des ordres, coopérer, agir seul, résoudre des équations, analyser un nouveau problème, répandre de l'engrais, programmer un ordinateur, cuisiner un bon repas, se battre efficacement, et mourir bravement. La spécialisation, c'est bon pour les insectes.

Robert A. Heinlein Wikipedia

Derrière le caractère un peu vieillot de cette citation, on retient une chose : la polyvalence est diablement pratique !

La spécialisation fait de nous des experts dans un domaine précis. En conséquence, nous sommes plus rares et donc mieux payés. Nous sommes aussi confrontés à des défis plus exhaltants puisque les pires cas de figure atterrissent sur notre bureau. Bien entendu, faire le choix de la spécialisation implique que notre expertise soit à la fine pointe et, en TI, c'est un exercice quotidien. Mais cela peut également devenir un piège si on ne décèle pas assez vite le passage des modes.

Les généralistes quant à eux ressentent moins les périodes creuses de l'économie. Lorsqu'ils présentent leur curriculum vitae en entrevue, il leur suffit de mettre en valeur la portion recherchée. Statistiquement parlant, ils ont également plus de chances de trouver un emploi près de chez eux. Par contre, le flou entourant leur capacité gêne parfois à leur avancement.

Les jeunes qui abordent le marché du travail se font souvent suggérer la spécialisation comme la voie à suivre. Mais est-ce vraiment la meilleure chose à faire ? Après tout, Léonard de Vinci n'était rien de moins qu'un un touche-à-tout.

Mais pourquoi la généralisation est-elle si mal vue en TI ? Au début des années 2000, travailler dans le web nécessitait une bonne part de polyvalence parce que tout était nouveau. Si un problème survenait, toute l'équipe devait mettre la main à la pâte.

Avec le temps, ce portrait n'est plus réaliste. Les technologies abondent, évoluent, apparaissent et disparaissent trop vite. On peut encore prétendre être généraliste mais sur papier, ce qui intéresse les employeurs, ce sont les derniers mois voire les dernières années mais pas plus. Tant mieux si on est familier avec la réseautique en plus de programmer mais ce qu'ils cherchent, c'est l'un OU l'autre. Même le côté purement logique de vouloir se diversifier non pas seulement par intérêt mais aussi pour être plus efficace n'est pas un argument.

Mais, curieusement, lorsque nous sommes en mandat, cette notion de spécialistes change en fonction des besoins du moment. On est engagé comme analyste mais au moment de faire les tests, puisque c'est nous qui connaissons le mieux les applications, on nous demande de nous en occuper. Le programmeur qui "gosse" sur Unix devient l'ami no 1 de toute l'équipe quand vient le temps de déployer une application. Le webmestre qui connaît Photoshop est bien pratique pour les retouches "on the fly". Les tâches du PCO incluent souvent la gestion de projet... pour dépanner évidemment.

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