arreter de mettre l accent sur les femmes en tiDans un récent article de Direction Informatique, on présentait les grandes conclusions d'un rapport de Deloitte portant sur les prédictions 2016 pour le secteur des technologies, des médias et des télécommunications. En fait, on y précisait deux choses : il y aura plus d'intelligence artificielle mais il n'y aura pas plus de femme dans les TI.

C'est vrai qu'elles sont plus rares mais il ne faudrait pas en faire une maladie. Après tout, il n'y a pas beaucoup d'hommes en enseignement primaire et je n'ai jamais vu personne faire une montée de lait à ce sujet. Qu'une profession soit d'avantage prisée par les uns ou les autres n'a rien d'extraordinaire en soi. Les hommes et les femmes sont différents à la base et même s'il est normal de penser que toutes les professions devraient pouvoir compter sur les deux sexes, il reste utopique de penser qu'il doit nécessairement y avoir parité.

Le simple fait de souligner constamment cette différence présente la femme de façon négative :

  • Elle manque d'ambition ;
  • Elle préfère les métiers axés sur l'être humain vs les machines ;
  • Les gars sont meilleurs en science ;
  • Etc.

À la fin de l'article se trouve plusieurs autres articles liés parmi lesquels :

  • Les femmes en TIC et le syndrome de l'imposteur
  • Femmes en TI : libérer l'ambition pour transformer notre monde

La première chose qui attire mon attention c'est l'étiquette au début de chaque titre : Femmes en TI. (roulement de tambours - ça annonce déjà les couleurs mélodramatiques du contenu)

Ensuite, je m'arrête au thème de l'article : un négatif et un tendant vers le positif mais encore, pas tout à fait.

Ma réaction : comme on fait pitié, nous les femmes en TI ! Regroupons-nous pour clamer haut et fort notre "droit" à évoluer dans ce monde d'homme.

D'abord, il ne s'agit pas de "droit" mais d'une question d'intérêt. Il y a quelques années, je donnais des conférences dans les écoles secondaires pour encourager les jeunes à étudier dans les TI (on manque de relève). À chaque fois, les gars étaient plus intéressés que les filles à ce que je racontais. Si j'accrochais une fille au passage pour lui demander son avis, elle répondait mais sans passion : le domaine ne l'intéressait tout simplement pas. Au début, j'essayais de "fouetter" toutes ces jeunes filles en les encourageant à franchir la barrière des préjugés mais au fond, comme en amour, si on aime pas, personne ne peut nous forcer à aimer.

Dans l'article sur le syndrome de l'imposteur, on allait même jusqu'à suggérer de modifier les méthodes d'enseignement pour plaire d'avantage aux femmes. Soyons réaliste, on ne va quand même pas se mettre à adapter l'enseignement pour tout un chacun. Les cours se donnent dans des classes de 30 à 50 personnes. Un seul enseignant. Un programme plus ou moins imposé par le Ministère de l'Éducation. Si une fille veut suivre le cours, elle va tout simplement faire comme tout le monde, un point c'est tout.

Non, je ne vois pas de raison de monter aux barricades pour la parité hommes-femmes en TI.

Par contre, je SAIS qu'il existe une discrimination et des préjugés tenaces vis-à-vis celles qui sont en TI (et probablement dans n'importe quel métier non-tradionnel en passant). J'ai TOUJOURS ÉTÉ PAYÉE MOINS que mes collègues. J'ai TOUJOURS DÛ PROUVER que j'avais les mêmes capacités. Je suis en TI depuis 18 ans et je fais encore régulièrement face à des préjugés.

Pourtant, ça ne m'aurait pas empêcher d'étudier en TI parce que je vis au jour le jour. Mais ça peut être un "pensez-y bien" pour celles qui vivent en fonction de l'avenir au moment de faire leur choix de carrière. Cependant, si on veut vraiment faire quelque chose, si on sent que c'est notre vocation, je doute qu'on se laisse influencer par ça.

Quand je pose la question à des étudiants en TI au niveau CEGEP : "Pourquoi avez-vous choisi les TI?" savez-vous ce qu'on me répond la plupart du temps ?

  • Parce que c'est payant.
  • Parce qu'il y a du travail.
  • Parce que je veux faire un jeu vidéo.
  • Je sais pas...

Pas toujours une question de vocation, n'est-ce pas ?

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